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L’intégration est un défi

Il y a en France des sujets qui fâchent -comme le maintien de Domenech à la tête de l’Equipe de France-, et d’autres qui provoquent des crispations de terreur. L’immigration fait précisément partie de ceux-là. Le sujet est miné : érigé en dogme de la bien-pensance, de quelque manière qu’on l’aborde pour le discuter, l’on suscite des nuées d’indignation véhémente.

Nous avons pu le constater récemment si nous n’en étions pas tout-à-fait convaincus : l’opinion publique médiatique ne laisse pas de dénoncer tout dérapage supposé ; le moralement correct est toujours prêt à jeter l’anathème sur toute prise de position perçue comme déviante de l’idéologie en vigueur.

Ainsi, pour prendre un exemple encore dans l’air, concernant la polémique autour des propos d’Eric Zemmour, selon qui « la plupart des trafiquants sont noirs ou arabes », le président de la LICRA, Alain Jakubowicz, oppose la neutralité de ce chiffre : 81,8 % des détenus sont de nationalité française.

Cette mauvaise-foi se retranchant derrière des chiffres volontairement aseptisés pousse à un raisonnement par syllogismes : cette population carcérale est principalement composée de français ; puisque l’on sait par ailleurs que les français d’origine étrangère sont plus touchés par la précarité que l’ensemble de la population, et d’autre part que les défavorisés versent plus fréquemment dans la délinquance que les favorisé, on peut en déduire ad minima que les enfants d’immigrés seront sensiblement surreprésentées au sein des délinquants.

A partir de là deux solutions, l’une sommaire mais tout à fait cohérente, l’autre plus intelligente mais qui demande des raffinements que l’idéologie et le politiquement correct interdisent.

Soit l’on continue de considérer qu’il n’y a que des Français, selon une vision rigoureuse de la République, mais alors nous renouons avec les exigences du modèle assimilationniste qui lui est lié. Dans ce cas, en outre, il faut faire d’autant plus attention en attribuant la nationalité française que l’on se prive ensuite artificiellement de tout droit de regard concernant les origines.

Autre hypothèse : on accepte de prendre en considération l’origine ethnique dans la réflexion à engager sur l’intégration. Dans ce cas l’on doit évidemment rappeler que non, ce n’est pas un problème de race ni même de culture par essence porteuses de problèmes, inassimilables. Néanmoins, il faut aussi reconnaître que oui, l’immigration vient tendanciellement grossir les rangs des couches populaires, des populations les plus marginalisées ; que oui, le décalage entre culture familiale d’origine et culture française dans laquelle on évolue par ailleurs peut engendrer des difficultés à s’intégrer, d’autant plus lorsque l’on a le sentiment, souvent justifié, d’être du mauvais coté de la barrière séparant favorisés et plus ou moins démunis.

Nonobstant, il ne faut pas tomber, comme le font la plupart des partis de gauche, dans le misérabilisme. Il ne faut pas tout excuser sous prétexte d’inégalités sociales attestées. Il ne faut pas valoriser toujours la différence, surtout quand on sait que dans les faits cette différence est synonyme de marginalisation. C’est contre-productif, cela contribue à conforter les exclus dans leur exclusion, à les pousser dans un ressentiment stérile.
Dans tous les cas, l’intégration passe par une reconnaissance des faits, par la fin de l’occultation peureuse, de l’aveuglement débilitant, de l’illusion naïve. Il faut nous dessiller les yeux face à cette réalité : avant d’être une chance pour la France, un apport pour notre pays, l’immigration, l’intégration leurs sont des défis ! Rompre le tabou de l’immigration, c’est à la fois travailler à l’intégration bien comprise des minorités et à la recomposition du tissu de l’identité française !


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